Pour moi, se construire en pleine conscience signifie avoir pleinement conscience de soi, de ses mécanismes ain- si que de ses schémas de fonctionnement. Aussi, dans ce sens, avancer dans sa vie en pleine conscience serait comme devenir la version la plus écologique de soi-même. Mais pour parvenir à comprendre notre fonctionnement, nous devons connaître et apprendre à décrypter nos pensées, nos émotions, tout en ayant conscience de nos ressources et de nos forces mais aussi de nos failles et de nos blessures. Il faut travailler sur cette partie de nous-même qui nous bloque, et ainsi, nous empêche d’évoluer dans tous les aspects de notre vie, personnelle et professionnelle. Certaines émotions passées dues à notre vécu restent dans notre mémoire, expliquant ainsi nos réactions parfois disproportionnées ou inadaptées face à des situations présentes. Pour nous construire en pleine conscience, nous avons besoin de nous recontacter à notre essence profonde, de revenir à notre véritable nature qui est, au contraire de ce qu’on imagine, accessible. Elle est à portée de main. Il nous suffit de “créer” un espace neutre en soi, pour la “contacter” à tout moment via différentes formes comme la
méditation, l’hypnose ou encore la res- piration. Pour cela, il faut être en “état d’accueil total de soi-même”, c’est-à-dire devenir l’observateur neutre de nos sen- sations et émotions.
Il est possible d’y parvenir à travers notam- ment la méthode méditative dit de “Mind- fulness” créée et développée dans les années 80 par John Kabat-Zinn. Ce professeur de médecine émérite a mis au point le pro- gramme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction) à partir du Zen coréen (Son), de la méditation Vipassana et du yoga. Sa méthode consiste en trois points essentiels :
Si nous apprenons à avoir des espaces de vide dans lesquelles nous appliquons le principe d’accueil et d’ob- servation neutre, nous parviendrons petit à petit à être pleinement dans le moment présent, et, par ricochet, à se construire en pleine conscience.
Il y en a des centaines. La pleine conscience permet notamment de réduire significative- ment le stress, d’avoir une meilleure compré- hension de soi ainsi qu’une meilleure gestion de nos émotions. Elle est également syno- nyme de sérénité et de gratitude, apportant bien entendu de la joie. Elle nous aide aussi à avoir un certain détachement des préoccu- pations matérielles comme émotionnelles. L’exercice de la pleine conscience permet tout simplement de prendre conscience que les pensées et les émotions sont tran- sitoires et indépendantes de nous, elles sont le fruit de nos expériences passées. La méditation de pleine conscience nous aide aussi à développer l’autocompassion et l’observation non critique de soi.
Plusieurs études ont démontré l’impact de la méditation sur la douleur. En 2015, des chercheurs ont demandé à 75 personnes d’évaluer leur perception de la douleur après s’être fait brûler à 49 °C une petite zone de peau. Résultats : la sensation de douleur était réduite de 27 % chez les volon- taires ayant pratiqué la méditation de pleine conscience par rapport au groupe témoin. Cela démontre bien son intérêt !
La pleine conscience est destinée à tout un chacun désirant améliorer sa relation avec lui-même et avec les autres, mais aus- si à toute personne souhaitant entamer un processus de développement personnel. Vivre en pleine conscience est effective- ment un cheminement assez long mais il faut donner du temps au temps. Com- mencez par des séances quotidiennes de 10 min, de 15 min puis de 30 min. Si vous respectez cette pratique pendant 6 mois, vous arriverez à maîtriser petit à petit le flot de vos pensées.
Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises mé- thodes. Adopter tel ou tel principe est une question très personnelle. Aussi, il faut es- sayer plusieurs pratiques : le yoga, la médi- tation, la respiration, la relaxation, l’hypnose, la psychologie cognitive. Mais avant tout, votre envie de se lancer doit s’inscrire dans un désir profond d’évolution. Dites-vous
que si vous aspirez à améliorer votre vie, vous devez justement comprendre quels sont vos blocages et vos zones d’ombre ainsi que vos mécanismes et pensées qui en découlent. Par exemple, la respiration vous permettra de laisser vos pensées vous traverser, les “projetant sur un écran” pour les fixer et vous en défaire. À force de faire cet exercice, vous constaterez que vos pensées sont de moins en moins nombreuses car vous serez déjà en train de construire votre espace de quiétude à l’intérieur de vous-même.
Nous pouvons les mesurer en observant nos réactions quotidiennes. Par exemple, demandez-vous dans quel état de stress vous êtes ? S’il a diminué, votre sommeil s’améliorera ainsi que vos capacités de concentration, engendrant un bien-être et de meilleures relations. Cette régéné- ration psychologique se traduira égale- ment par une plus grande part d’énergie, de clarté et de paix.
Il n’est pas facile d’entrer pleinement dans cette pratique. Mais cela ne signifie pas pour autant que le reste sera plus simple. Car au fur à mesure que nous nous exerçons à la pleine conscience, il existe toujours une étape par laquelle nous passons qui sera difficile à franchir, durant laquelle nous serons submergés par un flot de pensées assaillantes. Au début, vous vous laisserez souvent emporter par vos pensées, mais il ne faut surtout pas vous décourager ! Au fur et à mesure, vous parviendrez à fixer de mieux en mieux votre attention, à rentrer petit à petit dans votre espace d’observation et donc de non-jugement.
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